Ottawa limite les moyens de communication avec Service Canada
Selon le quotidien Le Devoir, le bureau des communications de Service Canada aurait annoncé mardi matin cette décision au Conseil national des chômeurs, au Mouvement action-chômage de Montréal et à la FTQ.
Danie Harvey, du Mouvement Action-Chômage de Charlevoix, assure que c’est la perte de la relation privilégiée et efficace avec les spécialistes des services au citoyen, ou agent de liaison, qui risque de faire mal.
« Nous avions un agent de liaison de la région de Québec. J’obtiens le numéro d’assurance sociale et un code d’accès du chômeur, qui font office de procuration. Je contacte mon agent de liaison qui lui me donne de l’information sur le dossier. On pouvait souvent régler des choses directement avec eux et cela accélérait le processus d’aide aux chômeurs », se désole-t-elle.
Selon elle, les délais de traitements des demandes seront décuplés.
« Cette démarche permettait anciennement de sortir les paiements d’aide aux chômeurs dans les 48h suivant la demande. C’était une aide extrêmement précieuse. Ce qui m’inquiète, ce sont les 2700 personnes qui ont transité par le Mouvement action-chômage l’an passé. Je leur dis quoi? Qu’elles vont voir le problème réglé dans quinze jours ou même trois semaines? C’est sans bon sens », critique-t-elle.
Service Canada ne commente pas et assure que son « modèle de livraison de service repose sur une stratégie nationale de gestion de la demande afin d’assurer l’uniformité du service ». Les bureaux des députés fédéraux ne sont pas concernés par cette décision.
Danie Harvey promet une riposte rapide des organismes d’aide aux chômeurs dans les prochaines semaines. Le Conseil national des chômeurs sera en assemblée le 7 juin prochain et souhaite prendre à bras le corps cette décision d’Ottawa.

